La blackittude

Le blog des cultures artistiques de la diaspora afro-caraïbéene et du monde noir
Les Antillais s'invitent à la fête.
Jeudi 19 juillet 2007
Empêtré dans nous-même, dans ce que le temps nous a construit, dans nos habitudes que nous pensions immuables, dans nos gestes qui s’apparentent à un rituel, nous nous figeons progressivement dans un être qui au final devient nous.

Les rencontres s’effectuent au gré des aléas, du destin ou encore du hasard, si tenté que le hasard soit une donnée pertinente pour l’être que nous sommes. Elles nous transforment, si peu, un peu tout de même, mais en général elles nous transforment. De toutes ces rencontres, l’être figé que le temps a édifié se déraidit, la statue s’ébranle comme le Pygmalion à qui fut insufflé le souffle de vie et nous nous animons de nouvelles ardeurs, de nouvelles envies, de nouvelles folies.

Les choix que nous avons faits, se remettent en cause, non pas qu’ils fussent mauvais en leur temps ou maintenant, ils ne sont simplement plus à propos. Des contraintes que nous avons toujours refusé d’assumer, des positions que nous tenions dur comme fer, nous acceptons de les revoir et nous assumons dorénavant.

Des lieux que nous ne voyons plus, des gens que nous ne regardons plus, des plaisirs que nous avons mis sous notre coude, des talents qui ne furent jamais exploités, des chemins jamais explorés, nous sentons soudainement l’envie, de faire, de découvrir, de parcourir, d’entreprendre. L’envie renaît, l’envie taraude chaque fibre de nôtre être et cette envie vient de l’autre.

Une parole, jamais un ordre, une suggestion, une phrase chuchotée en s'excusant et nous nous mettons à courir alors que marcher est pour nous une souffrance. Nous sourions et rions alors que dans notre vie rien ne s’y prêtre, et tous ces changements se profilent à grande vitesse en nous et nous modifient.

Est-ce la pensée de l’autre qui s’affaire en nous et donne l’impulsion à nos élans, à ce renouveau qui s’esquisse en nous ?

Sommes nous dans la représentation narcissique de nous-même ? Nous ne le pensons pas, car ce qui se produit en nous, se produit irrémédiablement dans l’autre. Nous Nous transformons à nos contacts, nous changeons à nos touchers et nous recréons un nouvel être, devenons un nouvel homme, une nouvelle femme.

Elle ne se voyait pas ainsi, désormais elle se trouve dans notre regard. Nous ne nous voyons pas ainsi, désormais nous nous cherchons dans son regard.

C’est une magie qui naît, une alchimie qui s’opère, celle de l’envie d’être. Nous n’osons dire que c’est l’amour le transformateur de l’être, mais un sentiment approchant ayant la faculté de nous rendre, autre, différent, enchanté, un temps, un laps de temps, la fugacité de l’instant ou toute une vie.

C’est un sentiment qui nous ouvre à nos potentialités, et grandit le besoin de l’autre, qui même absent est présent, accompagne nos gestes et nos pensées.

Evariste Zephyrin

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Jeudi 19 juillet 2007
À Baltimore dans l’Ėtat du Maryland, au mois de juillet, le temps d’un week-end, se tient un festival culturel qui draine bons nombres de locaux et de visiteurs qui s’amassent le long de la Mount Royal Avenue (fermée à la circulation pour l’occasion). Cette année le festival s’est tenu du 21 au 23 juillet.

Artscape est le festival estival favori de la région. Le nombre de participants qui vient grossir les rangs chaque année ne cesse de croître et se décompte en plusieurs centaines de milliers. Cet évènement est très attendu, et pour cause, il est entièrement gratuit. Mais ne vous y trompez pas, la qualité n’est pas négligée, et la palette culturelle offerte dépassera toutes vos attentes, tant la diversité est au rendez-vous. Pour ainsi dire, le nom Artscape n’a pas de signification propre en anglais. Je serais tentée de dire qu’il y a jeu de mot composé à partir de escape signifiant “s’échapper” et du mot Art, car Artscape est une véritable célébration des Arts, tous les Arts ou ses formes (120 d’après l’organisation) qui s’étendent de la musique à la danse en passant par le cinéma, le théâtre, la cuisine, la mode, la sculpture, la peinture, le chant…etc. La musique est sans conteste, l’un des pôles d’attraction, pour lequel quatre scènes de concert sont montées en extérieur, pour accueillir des artistes aussi bien régionaux, nationaux qu’internationaux. Durant 3 jours, les mélomanes devraient trouver matière à satisfaire leur attente, entre une scène Soul, une scène R&B, Jazz, Blues, Funk, Rock, Funk, Ska, Reggae, Latin, Country, ….sans oublier l’Orchestre Symphonique de Baltimore d’excellence internationale !

Ce festival connaît un succès retentissant, car bien qu'en étant gratuit, les différentes scènes musicales ont vu évoluer des artistes de renoms, tels que Ray Charles (2001), Boys II Men (2003), Isaac Hayes (2004), Shaggy (2005), …etc... Cette année Common (artiste Hip-Hop) ou encore Goapele (Néo-Soul) étaient présents. Le public qui s'y rend est composite. Qui de Noirs ou de Blancs ou autres, chacun cherche à assouvir ses passions. Le temps que je m’arrête à un concert de rock alternative, je me fais happer par une foule en délire, presque qu’exclusivement blanche, tandis qu’à l’autre bout de l’avenue une marrée humaine noire (sans mauvais jeu de mot !) se bouscule pour écouter les vibes de Goapele. J’étais venue presque exclusivement pour elle, mais j’y ai renoncé, la foule est trop compacte, et me suis rabattue sur une longue visite des stands également diversifiés entre littérature, peinture et artisanat d’art. Tout est à vendre si on adhère au principe que “l’Art n’a pas de prix. ”, bien entendu !

Il est quasi impossible de faire le tour du festival dans sa totalité. Le succès était au rendez-vous, malgré un épisode pluvieux. Cette année, j'ai quand même pu savourer un poulet boucané acheté dans une paillote tenue par des Saintes-Luciens. Il en avait le goût et c'est déjà cela.

Pour ma part, je ne peux que juger positivement un évènement de cette valeur. De part sa gratuité, il aura eu de plus pour effet collatéral, de brasser des groupes de populations qui normalement ne rentrent pas ou peu en contact dans le système socio-économique de ce pays !

Cette année Artscape fêtait sa 25 eme édition, cet évènement populaire me semble être une tradition depuis 1982, date de sa création. Le RDV est donc pris pour le 20-22 juillet 2007.

Coco B.


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Jeudi 19 juillet 2007
Lauricisque est le nom pompeux donné par la municipalité alors communisque, peut-être en souvenir de la francisque et du marteau, à ce quartier populeux anciennement appelé simplement Loricis. Le nom proviendrait de 'l'eau ici' dit-on, d'une source aujourd'hui disparue. C'est un très ancien ferblanc-ville en ras de mer de Pointe-à-Pitre dont il est resté un noyau dur de cases traditionnelles vétustées ou reparées et de chantiers de réparation de canots de pêche bordés d'amandiers, après le remplacement de la plus grande partie par des HLM dont les deux fameuses Tours Gabarre à 19 étages. Sinistres building-taudis aujourd'hui devenus, dont l'implosion annoncée devrait avoir lieu au cours de la prochaine décennie de rénovation urbaine...

Le petit port de pêche de Lauricisque où l'eau de mer stagne puamment hélas - comme dans toutes ces marinas où l'homme a fait main basse sur un frais bord de mer vivant - procure du poisson frais aux habitants et au célèbre restaurant "Aka Man Dolmare". Le court-bouillon bien tassé de la dame et de ses commères bien gentille-aise, avec racines, banane jaune ou riz-pois rouges attire chaque midi depuis des décennies autant l'employé de banque que le touriste qui l'arrose de limonade ordinaire et de vin rouge pas cher avec cubes de glace faisant bruitage.

Le cadre est bien aéré, bâtisse créole simplissime sous la tôle dont l'attrait ne se dément pas...

J.S. Sahaï.


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Jeudi 19 juillet 2007
Vu du ciel une ligne noire louvoie dans la cité, serpente à travers les bâtiments et les trois marchés de la ville. Elle court entre les maisons, les magasins puis s'ébranche dans d'innombrables directions, tout en se ramifiant en des points de rencontres multiples. Elle poursuit sa course vers les mornes, contourne les hauteurs, puis dévale les ravines, avant de se perdre dans la campagne.

Vu du ciel, la ligne noire longe la côte morcelée, la ceinture et la parcourt, offrant à l’oeil la vision d'une mer toujours bleue, pour celui ou celle qui prend le temps de regarder les horizons qui le renvoie au-delà des ailleurs connus . Cette ligne noire se multiplie, se démultiplie à foison pour former un dédale où chacune de ses ramifications incarne une force mystérieuse, véhiculant des images forces et évoquant dans l'imaginaire collectif la relation suspecte que l'homme entretient avec elle.

Ses principales composantes sont femelles, elles sont de nature à nous égarer, illusionner ou tromper une vie pesante, en permettant l’évasion vers d'autres espaces, vers d'autres étendues, vers d’autres hommes.

Dans sa symbolique féminine, elle se confond dans l'inconscient des Nègres, avec cette femme qui les égare dans son amour, en les illusionnant par sa présence, puis les perd dans ses bras tout en les dévoyant dans le vice d'une étreinte. Que nous autres, les hommes, remercions en la rudoyant chaque jour un peu plus, comme si nous martelons la chaussée sous nos pieds, afin d’extraire le pêché originel ou supposé que la femme porte en elle. Ainsi s'établit la relation avec l'entité formelle et la pensée informelle de nous autres.

Des milliers d'hommes ont construit ce labyrinthe au cours du temps, pour y édifier la cité, des centaines d’hommes continuent à étendre son emprise, qui telle une pieuvre déroule ses tentacules autour de sa proie, elle semble être sans fin, sans limite, il en faut toujours plus… Elle ne raconte pas son histoire, elle la contient comme dans les lignes de la main. Elle n'a pas besoin d'écrire son passé, car il nous appartient de le faire. Sur ce fond invariablement neutre, sauf quand la nuit tombe, une ligne noire délivre le message de la vie, c’est un mouvement, une trajectoire, un lieu à atteindre, une rencontre, une aventure. Et sur ce fond invariablement neutre, même quand la nuit tombe, une ligne noire délivre la dépêche de la mort, c’est une finalité, une fin de vie, elle conduit à la dernière demeure, met fin à l’aventure.

Quelle soit pierreuse, fusse-t-elle nébuleuse ou rocailleuse, elle conserve l'empreinte du passé, dispensant par là même, le message de notre histoire. Elle raconte les pillages qui s'y étaient déroulés, les exodes et les arrivées tragiques qui sont restés figés dans son tracé, jusqu'à la mémoire de nous autres la restitue. Elle fut la complice, le moyen, l'instrument qui permit la domination de cette terre rétive, le lien entre l'habitation et le port, elle fut le chemin que parcouru des milliers d'esclaves déracinés et le cimetière de leurs espérances.

Elle fut haïe par les générations successives, maudite par les Nègres qui pour s'en affranchir créèrent les traces. Elle n'avait d'utilité que pour les maîtres et qui à chaque ligature d'années ne cessait d'étendre son emprise afin d'épreindre la terre qui refusait de se soumettre à leur volonté.

Elle recèle magie, quelque chose de maléfique émane d'elle, étant perçue comme un lieu de danger dès que le soir tombe, un lieu où les morts ayant commis des actes inexpiables rôdent tels des larves en quête d'âmes à perturber. Soucougnans et volans apparaissent aux humains sous la forme de chiens fumant une cigarette, d'hommes sans tête qui traînent une chaîne de fer accrochée à leurs pieds, de cercueils posés au milieu du carrefour se déplaçant tout seul et dont la vue plonge la malheureuse victime dans une peur sans nom.

Dans sa physionomie masculine, elle est chargée de mystères, de terreur elle devient le symbole de l'égarement des hommes et de l'esprit.

Et à midi la diablesse se promène sur la grande route …

Elle reste le témoin privilégié de la vie des hommes, elle renferme toutes les histoires, celle des amours cachées se déroulant dans les charmilles, des baisers volés sur le perron des maisons, des mains accortes se promenant sur les seins avenants de jolies demoiselles à l'entrée des vestibules. Elle est la spectatrice des amours cessants, celle qui accueille les valises voltigées sur les trottoirs et la contemplatrice passive des idylles naissantes où les amoureux enlacés flânent le long de ses promenades. Elle se fait la voyeuse indulgente des forfanteries de l’homme, qui à la nuit tombée, guette la femme dans les venelles sombres, et parfois en « core » une sur un mur, lui plantant sa masculinité en plein milieu de sa féminité.

Elle se fait parfois, l’observatrice muette des querelles et des chamailleries, des scandales et des esclandres d'une foule grouillante multicolore déambulant le long de ses avenues. Dès fois, elle accueille sur le bitume le corps sans vie d'un homme dont le fil du coeur s'est dépendu et qui dans la circonstance rend son âme à Dieu.

Elle est, restait et restera le réceptacle de vie de tous ceux qui la traversent, de tous ceux qui empruntent ses rocades, ses avenues, ses boulevards, de tous ceux qui piétinent ses pavés, que ce furent les chevaux, les carrosses, les cabrouets, les voitures et les hommes, elle emmagasine tous les souvenirs et à chaque croisements anodins, des milliers d'histoires, des centaines de drames s'agitent comme les flammes d'un brasier rougeoyant, impalpable, immatériel, hors de nos chétives visions.

Elle recèle l'histoire des hommes dont le coeur endurci ne s'est pas attendri avec ces siècles qui se déroulent comme un tapis d'étoiles. Elle s’imprègne de toutes les émotions, les sentiments, les peurs, les craintes, la jalousie, la rancune, l’amertume, l’égoïsme, toutes ces choses embusquées dans le coeur de l’homme, rangées par ordre de destruction croissant depuis le commencement des temps, et qui sans cesse, s'exhume dans une humanité nouvelle en consumant ses stigmates dans les brasiers de l'oubliance.

L’homme n’apprend rien !


Mardaye Tony


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Jeudi 19 juillet 2007

« A la portée du chemin » ou « à la croisée du temps, un bout de chemin » où quand le temps se mêle à l’espace au travers de la rue. Tel est l’objet du texte de Tony Mardaye dont le point de départ est une rue de bitume noire, de la ville de Fort-de-France.

Cette rue chemine entre les bâtiments de la ville, passe devant les trois marchés, puis, son tracé s’éclate, se répand sur le territoire, parcourt les reliefs, s’enfonce dans les campagnes et jouxte les cotes du littoral maritime, d’où l’on a des points de vue imprenables sur la mer azurée.
Cette rue est loin d’être déserte, en effet l’homme entretient une relation particulière avec ce macadam. Relation qui s’articule autour de trois fonctionnalités qualifiées de « femelles » : la première fait référence au fait que parfois l’on se trompe dans son itinéraire, la seconde a pour vocation de conduire les pas de l’homme aux lieux de plaisir et enfin la dernière lui permet de s’évader de son quotidien en prenant la clé des champs.

A ces trois fonctions, s’ajoute une « symbolique féminine » où l’image de la femme se lie à la rue dans une métaphore à connotation judéo-chrétienne. Dans cette représentation, à l’instar du péché originel de la création, la rue se transforme en un moyen d’accès à la débauche et à la perdition des hommes par la femme.

Dans une continuité quelque peu négative, la rue devient noire, sombre. Elle épouse la mort, car elle conduit la dépouille des hommes à leur « dernière demeure », ou bien encore elle devient un espace de dépôt où s’amoncellent les cadavres.

Puis, la rue entre dans une dimension obscure quasi-mystique, se confondant ainsi avec la noirceur de la nuit, qui laisse s’échapper de ses entrailles ses créatures maléfiques, tels que les « soucougnans », « volants » ou autre dorlices, diablesse. Ces créatures de la nuit ou du jour, se dressent face aux hommes sur ces rues noires et sombres où lumineuses à midi.

Mais la rue est aussi un support chargé d’Histoire.

D’abord d’un état naturel rocailleux, elle a été construite au fil du temps par les hommes, pour finalement dessiner un réseaux routier. Dans notre archipel caribéen, entre autres, ces premières constructions correspondent à l’arrivée des prédateurs européens, qui se sont livrés à un certain nombre d’exactions à l’encontre des populations qui y vivaient, à savoir les caraïbes.

Progressivement, cet embryonnaire tissu routier s’est mué en un moyen politique de domination des colons esclavagistes, sur leurs esclaves noirs. Ces derniers par opposition préféraient emprunter les traces d’où ils pouvaient partir en marronnage.

Nous pouvons nous permettre d’ajouter un autre trait à cet aspect de domination politique et militaire, car si grâce à cela les maîtres pouvaient avoir un meilleur contrôle sur leurs esclaves, le bénéfice qui en découlait était indéniable.

Ces routes qui permettaient d’approvisionner les plantations, favorisaient un accès plus rapide entre les plantations et les bourgs ainsi qu’un acheminement optimum des récoltes vers les ports où accostaient les bateaux chargés de denrées alimentaires, de matières premières et biens manufacturés.

Dès lors, un flux continuel s’est mis en place et dont les profits revenaient aux seuls colons négriers.

De fait, étant un espace de circulation permanent la rue a connue l’évolution des différents moyens de locomotion successifs qui l’on utilisée soit des « chevaux » ou autres quadrupèdes, au chevaux moteur c'est-à-dire les voitures.

La rue est aussi un lieu qui recèle les histoires des hommes. Elle est l’endroit où c’est répandu de nombreuses histoires d’amour. Ces amourettes y ont pris naissance, s’y sont épanouies dans toutes leurs splendeurs charnelles puis s’y sont achevée.

Cependant le quotidien des hommes étant parfois moins prosaïque, la rue est aussi un espace où éclate avec fracas des querelles ou des disputes en tout genre entre les hommes.

En tant que « réceptacle de vie », la rue est par conséquent le témoin privilégié des émotions enfouies dans le cœur des hommes. Des émotions plutôt destructrices comme « l’égoïsme », « la jalousie », « la rancune » etc. et qui ressurgissent à chaque génération mais dont les méfaits sont perpétuellement oubliés.

Pour aller au delà de la pensée initiale, nous pourrions creuser un peu plus la notion de « bout de chemin », ou tel un cheminement la rue se vêt en une allégorie du devenir de l’homme.

C'est-à-dire, que la rue se transforme en une sorte de parcours initiatique pour l’homme. En fonction des itinéraires choisis, résultent des rencontres heureuses ou malheureuses qui servent d’expériences aux individus et qui contribuent à la formation de ce qu’ils deviennent.

Ainsi, en parcourant les routes, un peu comme des aventuriers les hommes s’en vont cheminant en réalité vers le modelage de leur être. De ce fait la rue prend alors une dimension masculine immatérielle quand elle devient un vecteur formateur des êtres.

Emmanuelle Desché


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