La blackittude

Le blog des cultures artistiques de la diaspora afro-caraïbéene et du monde noir
Les Antillais s'invitent à la fête.
Vendredi 2 février 2007

Il est quatre heures du matin et telle une femme endormie Fort de France somnole encore dans les bras de la nuit, puis l’heure passe et la brume s’efface, une douce brise se lève et le soleil se pointe à la fenêtre de l’aube, jaunissant le ciel de sa couleur d’or. Le jour s’annonce vivant et triomphant, et Fort de France s'extirpe doucement de son sommeil, sous les aiguillons de lumière, qui la transpercent et la secouent.

Une douceur matutinale s'étend sur les eaux huileuses de la Baie des Flamands, enveloppant les embarcations ancrées aux abords du quai, et déjà aux pieds du Fort Saint Louis, fier fleuron de la Marine française ayant résisté aux habits rouges d’alors ; la Française accueille son premier baigneur matinal, venu raffermir et assainir son corps dans la fraîcheur glaciale de l’onde. A peine vêtu, l’homme courageusement entre dans la froidure, effleurant l’eau du bout des doigts, des mains, des poignets, s’asperge le torse dans une douce caresse, prenant contact avec l’eau, il s’accommode du froid qu’elle dégage, puis hésite un instant, avant de plonger tête la première, puis s’éloigne de la plage en quelques brasses vigoureuses, et ainsi débute sa journée.

Sur un autre bout de sable, un initié médite en position du lotus, sans doute se questionne t’il sur le sens de la vie, de l’univers, ou encore cherche t’il des réponses aux questions insolubles, et pour les trouver il sonde son âme - le « sage » ne forme plus qu’un avec les éléments, il fait partie du tout, tandis que d'autres flânent le long de la jetée, laissant leur esprit vagabonder sur les rives des Trois Îlets.

Cheminant çà et là on arrive à la Savane qui s’impose comme séduisante et verdoyante, l’air du petit matin semble ragaillardir son corps et ses humeurs. Elle s’étire, laissant échapper comme un soupir, sa journée commence et ses rues s’animent en vie, en voix, en couleurs, en odeurs.

Chacun s’affaire dans les rues, certains pressent le pas, ils se rendent au bureau ou à un rendez-vous, d’aucuns viennent dépenser, flâner, vendre ou tout simplement faire du « lèche vitrines ».

Aux abords du marché, des marchandes haïtiennes, bien en chair pour la plupart, debout sur les trottoirs ou assises sur des petits bancs crasseux, usés et bancales, hèlent les passant(e)s, cherchant une bonne âme désireuse de leur faire vendre, elles proposent des dessous féminins à bas prix, de toutes les couleurs, de toutes les formes et même des plus affriolants.

Plus loin, un vendeur de jus de canne actionne sa presse, il aromatise les lieux d’une délicieuse odeur de canne pressée et de citron ajouté, qui sera servi bien frappé. Un pur délice pour les connaisseurs !

Au détour d’un pâté de maison, s’échappe de la cuisine d’un restaurant, une succulente odeur de court-bouillon de poisson rouge en cours de cuisson, il exhale les épices, le citron, la tomate. A la carte de ce restaurant, on servira également de la dorade, « frit » ou grillée à midi parsemée de fines lamelles d’oignons, accompagnée d’une « sauce au chien pimenté », et croyance oblige, ce vendredi il n’y aura que du poisson au menu.

Marchant dans les ruelles de la ville, dans ces petites rues datant du temps longtemps, on imagine sans peine ces femmes matadors, « fanm doubout » « têt marré » d’un carré de madras à quatre pointes pour désigner la femme à prendre, la femme au cœur tendre et libre, maquillées sans d’excès avec ses bijoux assortis, « tété négress », « collier chou », et une kyrielle de bracelets, signe de richesse ou les femmes entretenues par un passionné plus qu’entreprenant, et le traditionnel madras à la hanche leur ceignant les reins mettant en valeur leur fine taille et de leur démarche fière elles assuraient leur position, femmes aimantes, femmes exubérantes, femmes agaçantes, femmes embarrassantes, femmes amantes, qui promenèrent jadis dans ces ruelles, suscitant l’envie et les regards des hommes, aujourd’hui elles ne sont plus, elles résident désormais dans notre imaginaire et dans les romans antillais.

Nous poursuivons notre parcours dans cette ville aux odeurs de marée et arriverons au marché aux légumes. Les marchandes se sont levées de bonne heure, elles occupent l’espace, elles arrangent leurs affaires comme on dirait chez nous ! Posé sur un tréteau ou dans un panier en osier la vendeuse de légume offre à la vente ses « dachines », ignames, « giwomon », « fri a pain », « christophine » pour un bon gratin, « l’oyion péïs », « boutjés garnis », tout une palette de couleurs s’étale sur les « étales », tandis qu’une autre propose des petites bouteilles d’essence d’amande amère, du girofle, des bâtons de « kako dou », de miel local « bô kaye », du « toloman » pour la cuisine, tout près en fusion d’odeur la marchande de fruits présente en pyramide ses ananas bleu vert et jaune orangé.

Ti tac pli loin, à portée de main « mangots », mangues, « zowanges péïs », « chadek », « maracudja », letchi, « caïmite », « zabrico » « cowossol », « pôm kannel » toutes les douceurs sucrées de la Caraïbe pour donner envie de partager et de goûter au pays. Et que dire de celle qui vend des fleurs du pays « arôm », « balisier », plants « d’hibiscus » jaune, jaune orangé, rouge, rose, «l’ixora », « l’oiseau du paradis », « rose de porcelaine », elle n’est pas en reste non plus ! Elle s’est installée à l’entrée du marché pour être bien vue, on ne peut pas la manquer, et tôt ou tard ses bouquets de fleurs partiront pour embellir les tables familiales ou seront achetés par les touristes en partance.

Dans ce lieu, que de bruits, leur babillage rythme le cœur du grand marché ouvert, aux senteurs de vanille, cannelle, bois d’inde, herbes et racines fraîches. Les touristes affluents avec les caméras et appareils photos, immortalisant ces femmes qui ont traversé les siècles, ces femmes qui ont fait la Martinique et qui résistent...

Nous quittons le marché aux légumes, et nos pas nous conduisent au centre de la vieille ville. Nous nous recueillons afin de rendre hommage à la femme fervente, à la femme croyante qui laisse battre sa foi dans son cœur, et en elle, se dressa sa première église élevée en 1671, la grande Cathédrale Saint Louis, majestueuse, imposante où les vitraux illustrent l’histoire de l’île au cours de ces siècles. Et son clocher qui flèche vers l’azur, comme une démesure et si haut soit-il, il semble crevé le ciel tout comme la Babel rebelle des temps bibliques.

A l’intérieur semble régner une paix divine, une douce quiétude et un silence presque palpable qui dénonce les chuchotements des fidèles venus prier ou demander une grâce.

Bien que vieillot la cathédrale est propre et accueillants, les lumières renforcent une certaine mysticité de l’endroit, et l’autel se révèle tout au bout de l’allée tel un lieu sacré où l’on pourrait presque entr’apercevoir le Créateur.

Mais Fort de France n’est pas que cela, et comme celui avec lequel elle a concubiné durant cinquante ans elle garde les traces de l’homme de lettres, et elle est devenue une Femme de culture, femme du savoir, qui aime entraîner dans ses histoires, les plus passionnés de livres et mémoires, dans les couloirs et allées de sa grande bibliothèque, patrimoine incontournable de ce siècle. J’ose le dire !

Le Lycée quant à lui porte aussi le nom de cet illustre abolitionniste (qui a fait oublier tant d’autres et créé l’image du bon papa…) a engendré tant d’écrivains, de poètes et professeurs… qui peuvent être fiers de ce qu’ils sont, fiers de ce qu’ils sont devenus…

Nous parlons mais le temps avance et le soleil continue sa course. La chaleur écrasante de l’après midi a vidé les rues de son flot humain. Les heures filent, filent, et défilent, la ville n’est plus attrayante, elle est sale, souillée, elle rassemble les pans de sa robe maculée par ces hommes, qui ont laissé leurs traces. Ils l’ont sali, ses rues, ses allées, ses avenues sont crasseuses, mais déjà les balayeurs s’activent à lui rendre sa beauté et sa propreté, car ce soir elle se fera belle, elle sera en fête avec des yeux de lumière, les cabarets, les boites de nuit reflèteront ses humeurs câlines et coquines, sa nuit sera chaude.

Et demain la brume du soir s’apaisera, une douce brise se lèvera, le soleil pointera à la fenêtre de l’aube, jaunissant le ciel. Un jour nouveau s’annoncera et viendra caresser son corps, et la réveillera sous la légèreté de la douceur matinale.

Gaëlle Linfide

par Gaelle Linfide publié dans : negmawon
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Vendredi 2 février 2007

Le jour se leva sur les débris de la veille, offrant le triste spectacle de maisons dévastées, de voitures éparpillés, de poteaux électriques et d’arbres déracinés, de feuilles de tôle parsemant à tout-va les rues défoncées et désertées. Et de la boue, de la boue en masse, de la boue en crasse, visqueuse, pâteuse, envahissante, s'infiltrait, obstruant ainsi les allées et les artères et freinait tous les déplacements en les réduisant à un parcours du combattant.

Seule et impuissante, je regardais ce paysage ravagé, qui fut malmené par des rafales de vent acharnées et des eaux déchaînées. Mes yeux s'ouvraient à grand-peine sur la réalité, ils achevaient mes pensées heureuses, je me remémorais les journées ensoleillées de ma petite rue tranquille, excédée par les chamailleries des gamins, égayée par les rires des enfant et exaspérée par les cris des tout-petits.

Et en ce jour, des larmes, des pleurs, des sanglots, des visages contrits de femmes effondrées, d’hommes assommés, des regards affligés qui promènent leurs yeux atones sur leurs objets chéris submergés par les flots ou noyés par la boue. Partout des débris, des valises, des habits, flottent dans des eaux terreuses et nauséabondes. Toute une vie d’accumulations et d’efforts anéantis en une nuit, les reliquats de vie gisent çà et là, disloqués, démantibulés, brisés, tel un jeu de construction qu'un vilain garnement aurait renversé par pure méchanceté.

Nul regard ne s’ébaudissait dans les parages et brusquement une douleur sourde me saisit la poitrine, des larmes vinrent brouiller ma vue. Je réalisais, comme beaucoup, que j’avais tout perdu, tout est à refaire, tout est à recommencer.

Le soleil brillait, ses rayons éclairaient le jour, l’alizé soufflait un vent frais sur nos lieux sinistrés et sur nos corps abattus, mais la vie redémarrait doucement et nous repartirons de plus belle, avec plus d’allant et nous irons de l’avant….

Gaëlle Linfide

par Gaëlle Linfide publié dans : negmawon
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Vendredi 2 février 2007

Le 22 mai 1848, quelques 60 000 esclaves de la Martinique se sont défaits de leurs chaînes, et de la servitude, donc le 23 mai 1848 ces êtres vécurent leur première journée d'hommes et de femmes libres.

22 mai 2006, entre ces deux dates, 158 ans se sont écoulés.

En souvenir ce jour, le 22 mai, est devenu à la Martinique le jour de la commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Cette date commémorative est fériée en Martinique, suite à la promulgation de la « loi commémorant l'abolition de l'esclavage dans les DOM ", du 24 novembre 1983. »

Toutefois, l'obtention de cette date commémorative a été l'aboutissement d'une lutte politique ayant débuté dès les années 60, notamment avec la publication du manifeste : « La révolution anti-esclavagiste de mai 1848 » écrit par Armand Nicolas, professeur d?histoire et aussi membre du parti communiste martiniquais ( PCM ).

Cette parution avait eu pour effet de réintroduire dans la mémoire collective des Martiniquais, cette date et ainsi que tout un pan de leur histoire occultée par les autorités, qui entreprirent pour des raisons politiques de ne mettre en avant que le 27 avril, date à laquelle fut concédée aux Nègres l?abolition de l?esclavage ; décret devant être appliqué que deux mois plus tard aux colonies. Ce choix ne fut pas anodin, car il s?agissait de vanter ou de louer la bonté et l?humanisme de la république française, avec comme image phare l?abolitionniste Victor Sch?lcher, qui désormais incarnait dans la Mémoire le libérateur des Nègres et le fossoyeur de l?esclavage, passant sous silence la révolte des esclaves, ayant contraint les autorités de l'île, à abolir l'esclavage le 22 mai 1848.

Dès lors, pour les partis politiques de la gauche martiniquaise, entre autres, le PCM (parti communiste martiniquais) d'Armand Nicolas, le PPM (parti progressiste martiniquais) d'Aimé Césaire, un mouvement revendicatif s'est amorcé pour instaurer cette date comme jour de la commémoration solennelle de l?abolition de l?esclavage.

Dans les années 70, ont rejoint ce combat pour la reconnaissance du 22 mai, les organisations syndicales comme la CSTM et des partis indépendantistes, tel que La Parole au Peuple » (devenu le MIM, mouvement indépendantiste martiniquais depuis), le GRS (groupe révolutionnaire socialiste) et le Parti du Combat Ouvrier.

En 1978, les maires des communes de gauche (Fort de France, le François, Rivière-pilote, Lamentin, Morne-Rouge, Macouba et Trinité) ont fait jouer leurs prérogatives municipales en utilisant la Journée du Maire [1] pour commémorer cette date dans leur commune respective.

En 1981, les commerçants de l'île ont pris l?initiative de baisser leurs rideaux et de fermer leurs portes et depuis 1984 le 22 mai est officiellement célébré en Martinique.

En 2006, soit 24 ans après on peut s'interroger sur la façon dont les Martiniquais s?approprient le 22 mai. Cette année, il y a eu des manifestations à foison, des expositions un peu partout dans l?île, un festival de bélè au Lamentin, un autre rendez-vous bélè à Schoelcher, une pièce de théâtre fut jouée à Case-Pilote, un déjeuner fut offert par l?association La Fraternité Africaine, d?où s?ensuivi un dépôt de gerbe à la place de Gorée à Sainte-Anne, pour honorer la mémoire des Nègres africains déportés, pour devenir esclave en Martinique.

Par ailleurs, des retraites aux flambeaux, des concerts et aussi des marches furent organisés, dont celle qui se déroula entre la commune du Prêcheur et celle de Grand-Rivière, qui accueillit la fin du 6ème « konvwa pou réparation ».

Ce «konvwa pou réparation» est une marche initiée par Le Mouvement International pour les Réparations, présidé par Garcin Malsa (maire de Sainte-Anne), qui associa à cette manifestation, une demande en réparation du préjudice engendré, comme ce qui a été reconnu par la République Française, comme étant un crime contre l'humanité : l?esclavage et la traite négrière. En ce qui concerna la capitale de Fort-de-France, un rassemblement au tambour c?est tenu au Rond-Point du Vietnam Héroïque. Il y eut des marches aux flambeaux à Tivoli, Volga-Plage, une marche nocturne entre la Jambette et la Place de l'abbé Grégoire, des animations musicales à Dillon, un jogging matinal à Didier suivi d'un petit-déjeuner : « ti-nain lan mori [2] ».

Les principales festivités ont été proposées par la Région Martinique dans le cadre du «Gloryé 22 mé ». Dès le samedi 20, c'est tenue à l'Eco-Musée de Riviere-Pilote une série de concerts: « Les chants d'esclaves, chants de liberté ».

Le dimanche 21 et le lundi 22, les manifestations « Vini gloriyé 22 mé laréjion » ce sont déroulé a Cluny dans les jardins du Conseil Régional. En outre des spectacles musicaux, étaient proposés des expositions retraçant l'histoire de l'abolition de l'esclavage, des ateliers de démonstration sur la fabrication du manioc, de poterie, de vannerie et de tambour. Il y avait aussi un marché de produits locaux, et des lieux de dégustations.

Les enfant ne furent pas oubliés, puisqu'un espace «ti manmaÿ» leur fut attribué, avec des jeux traditionnels « chouval-bwa », manège de poneys, qui ont permis aux plus jeunes de participer eux aussi à la commemoration.

Pour ce qui concerne les célébrations officielles, cette année fut marquée par deux nouveautés :
- la première est l'adhésion pour la première fois de la droite martiniquaise aujourd'hui l'UMP aux manifestations du 22 mai, qui jusque-là s?était farouchement opposé.
- La seconde et non des moindres est la présence de békés comme celle de Louis de Lucy de Fossarieu et Roger de Jaham tant à Fort de France qu?au Diamant et qui s'opposent a toute idée de réparations et pour cause... L?évolution de cette commémoration tend à transformer le 22 mai comme un jour à caractère festif et dansant. Des voix s?élèvent pour dénoncer cette dérive qui est jugée comme très éloignée d?un acte commémoratif, c'est-à-dire à la mémoire de nos ancêtres esclaves.

Par ailleurs, la participation des békés, héritiers des colons, arrière-petits-fils d?esclavagistes ont ébranlé plus d'uns. Pour certains, cette présence a été considérée comme normale, car les békés sont aussi des Martiniquais, mais pour d'autres, cela a été perçue comme incongrue et inopportune voire choquante.

Les Martiniquais ont massivement participé à cette commémoration, nulle doute que les prochaines seront du même acabit, voire avec plus de manifestations. Le 22 mai sera amené à prendre une dimension internationale avec la participation d?organisations émanant des pays africains et de la Caraïbe qui témoigneront de leur solidarité en raison d?une proximité historique, humaine ou géographique avec cette tragédie.

Emmanuelle Deschè


 


[1] Jour chômé et payé accordé aux personnels municipaux et aux écoles.
[2]Plat composé de banane verte et de morue salée.

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par Emmanuelle Deschè publié dans : negmawon
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Samedi 8 juillet 2006

grand riviere

 

 

 


Là où gwan van lévé, mer démontée, baillons-nous l’émotion du présent d’aujourd’hui de demain jusqu’à hier pour effacer la rumeur de nos doutes et enliser les peurs de nos routes.

 

Là où les arbres se couchent, sous un soleil alangui, d’un posé admirable et d’une démarche gracieuse, une femme avance, elle est comme une impression, celle d’un matin qui réveille les mêmes intentions, les mêmes sensations  et les mêmes émotions.

 

Là où gwan van lévé, mon âme a deviné son assentiment, nos pensées se dévoilent, on se précède et on se vole nos mots,  elle approvisionne mes rêves d'une cargaison de véhémence, c'est une évidence, sans aucune réticence, je confesse que c’est la vie qui veut, c’est la passion qui veut, c’est l’amour qui veut, c’est Dieu qui est, c’est l’homme qui est, c’est la femme qui est  mais c’est le destin qui veut. 

 

Là où lanmè-a démontée, dans des embruns iodés,  nous attendrons la bonace,  que le vent vire à l’accalmée, et je partirai en archipel naviguer sur les pans de ton île, nous mettrons en berne les frustrations, nous nagerons dans les méandres de nos envies et la houle me ramènera inlassablement  en toi.

 

Là où les arbres se sont couchés sous un grand vent levé,  tjé dan tjé, nous ferons couche du lit de verdure, tu t'étrendras pour que mon souffle t’évente d'une onde de tendresse, dans nos humeurs folasses, nos ébats n’alerteront que la brise qui posera sa fraîcheur sur nos chairs, ragaillardira nos désirs et attisera l’envie de ne former qu’un même ressenti, qu'un même être.

 

Là où les arbres se sont couchés, zyé dan zyé, je te dis : - serre moi plus fort et  chassons les mauvais vents. Tiens moi plus fort,  embrasons-nous  et embrassons-nous, encore et encore. Ferme les yeux pour que flamboie l’émotion, ouvre tes lèvres rosines de sorte que fleurissent les notes estivales, faisons de nos corps un convoi avant que le soleil ne chute dans la mer. Laisse moi cueillir de ta peau les senteurs florales et à carême posé, nous nous en irons sous un chaviré d’étoiles, promener nos corps l’un dans l’autre, l’un sur l’autre dans une mer démontée par un grand vent lévé.

 

 

Evariste Zephyrin
28/04/2006

 


 

source

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Samedi 8 juillet 2006

 

 

 Au jour printanier d'un muguet du travail vendu aussi en îles - keskonnékon - Parolier est allé au restaurant manger un riz créole poussé en Belle-Asie et son agneau grillé de Wellington. Il a eu envie de gerber en regardant une sainte famille moderne, un fils et deux parents, attablés pour son nannan de midi. 

  

petit monstre

 Enfant de la pâte-riz

 

Les parents boivent dl'eau et l'enfant boit coca,
Le gâteau est plus mou qu'il sortira demain...
Cuiller, petite fourche et couteau sont posés,
Mais poupon en fera castagnettes bruyantes.

L'enfant est devenu le maître du caca!
Les parents s'entremêlent les pieds et les mains,
Le trublion déjà leur a tout imposé :
Il s'agit de l'aimer, quelque soient ses attentes.

 

Ce petit gars demain sans doute délinquant
N'aura guère manières, à part cette arrogance
Que nous subirons tous, coupant notre chemin.


Allons parents qui travaillez pour l'autre France,
Vous avez rejeton à former pour demain,
Sinon, un de ces jours, vous serez au carcan.

 

 

 

 

 Parolier du Dru mot, Mai 2006.

source

 

 

par zephyrin publié dans : negmawon
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