La blackittude

Le blog des cultures artistiques de la diaspora afro-caraïbéene et du monde noir
Les Antillais s'invitent à la fête.
Mercredi 8 mars 2006

Cette période, comme chacun le sait, est très propice aux bonnes résolutions. Et, il y en a une qui fait l’unanimité chez mes sœurs (ne nous voilons pas la face, moi y compris….sic !) : "cette année, je me sculpte un corps de rêve".

C’est la même que l’année dernière ? …..Et que l’année d’avant aussi ? Oups ! Mais il y a une catégorie de mes sœurs qui entendent par corps de rêve, "la splendide anatomie que j’arborais avant de m’acoquiner avec Monsieur". Eh oui Mesdames, vous n’êtes pas sans savoir que notre allure prend des courbes dangereuses dès lors que nous nous mettons en ménage. C’est ce que j’appellerais "les kilos d’Amour". Même si l’expression peut faire sourire, croyez-moi, il n’en est rien ! La résultante ferait plutôt grincer des dents ! C’est kilos là, sont les plus à craindre car ils s’installent l’air de rien, voire complètement à notre insu. À qui la faute ?

De ma propre expérience, a cette sorte d’atmosphère de contentement, d’euphorie, de ravissement qui est livrée avec le kit de la vie à deux. (pour le moins, au début…hum !). Finit le temps où on se contentait facilement d’une salade sur le pouce à midi ou d’un potage vermicelle au souper. Nous voilà dans nos petits souliers à partager des petits moments en tête-à-tête autour d’un bon repas, surtout si le boug est fin cordon bleu (oui, je vous l’accorde, j’ai eu de la chance, mais rassurez-vous Mesdames, la tendance se répand !). Et bien sûr, cela fait plusieurs jours qu’on remet au lendemain la séance de gym, pour rentrer plus tôt se blottir dans les bras de son cher et tendre.

En disant cela, je revois ma copine Yaya, qui me contait que pendant qu’elle s’attardait au lit le week-end, son être aimé avait déjà ramené le bon pain chaud de Saint Félix et le plateau qu’il lui préparait ensuite n’avait de petit-déjeuner que l’heure à laquelle il était servi !!. Mémorables ? Oui ! Mais seulement voilà, le regard attentif (envieux, plutôt!) de la macocotte de marché le samedi matin, est là pour nous rappeler à l’ordre : "en ben mafi, fess ou vini épé, zafew ka maché !". "Épais", voila bien le terme qui résume la situation. Car, c’est un constat, ces kilos là ne sont pas disgracieux, mais accentueraient nos belles courbes de négresses aux dires de ces Messieurs. "Pô, tu es devenue bombastique", était l’expression favorite qui circulait parmi la gente masculine.

Quoi qu’il en soit, entre ce que ces Messieurs racontent et la perspective de devoir racheter toute notre garde robes, et de conserver notre vieux jean taille 38 comme une relique d’un temps qui commence à devenir long maintenant, nous avons tôt fait de prendre de bonnes résolutions. Et cette année, je la prends pour une autre, car hasard des faits, pour ma part, mon statut de célibataire depuis quelque temps, me profite bien !

Alors, Mesdames, rassemblons toutes nos énergies positives et prions avec foi et conviction pour venir en aide a l'une de nos soeurs. La demoiselle, après plus d'un an de concubinage s'est décidée à perdre sa graisse de bébé et à retrouver sa ligne d'ancienne athlète (oui oui, elle doit être encore quelque part sous toute cette graisse... bon dié, elle va me tuer!!!). Alors toutes ensembles, "Je vous Salut Sainte Régime, pleine de brûle-graisse, que ton action soit efficace, que les résultats arrivent...... Amenogras!".

Courage Amélie, plus longue sera ta route, plus belles seront tes formes….

COCO B.

SOURCE

par zephyrin publié dans : negmawon
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Lundi 13 février 2006
Aujourd’hui les mœurs sexuelles ont évolué, mais il y a de cela vingt-cinq ans, la situation était tout autre, notamment dans la banlieue « bourgeoise » de mon adolescence, devenue un ghetto depuis. On ne voyait pas de gamines mettre en ligne sur leurs blogs leurs photographies pornographiques réalisées avec leurs copains ou leurs professeurs ! D’ailleurs à cet age, dans leur grande majorité, elles n’avaient pas de relations sexuelles, sauf avec leurs beaux-pères ou lors d’un viol ou encore lorsque qu’un dépuceleur professionnel majeur de surcroît, réussissait à abuser de leur candeur et leur volait leur innocence afin de décrocher l’hymen. Mais jamais au grand jamais, elles ne leurs seraient venues à l’idée, de rendre la chose publique. 

(Bon, d'accord vous me  direz qu'à cette époque il n'y avait pas d'Internet... Ce n'est pas grave !)

Dans le cas du beau-père abuseur, on était bien souvent informé de la situation, seulement lorsque la mère foutait le mal-cochon à la porte ou sa putaine de fille.

Imaginez la pauvre mère antillaise, se levant tous les matins pour se rendre à son petit boulot de fonctionnaire, laissant mari et enfants à la maison, et pendant qu’elle s’échine à glaner les subsides pour nourrir sa petite famille et son mal-cochon, sa propre fille la cocufie dans sa maison avec son homme, en ouvrant sa petite koukoune à un méchant mal coq dans son propre lit.

C’est une malpropreté sans nom !

Certaines de ces mères courageuses, plaçaient illico dare-dare leur fille dans un foyer pour adolescents à problème et gardaient leur mari à leur côté, mais il n’était pas rare que ce soit la police qui vienne chercher l’incestueux, d’autres acceptaient, et tout ce petit monde faisait ménage à trois.

Je ne pense pas qu’il faille jeter la pierre à ces mères résignées, car en se séparant de leur mal-cochon elles risquaient de rester célibataire et leur koukoune orpheline, parce qu’elles s’estimaient totalement décotées sur le marché, et à tort ou à raison, pensaient qu’en partageant le mal-cochon avec leur fille, elles assuraient une bite pour leur chatte vicieuse, pour encore quelques années.
 
Tout ceci pour vous démontrer qu’à mon époque, l’adolescence était vraiment un sale moment à passer pour les garçons, d’autant que c’est à ce moment que leur coco est ¾ du temps raide-droite et ne veut rien entendre, ne veut rien comprendre : il appelle comme un désespéré à la koukoune.

Faisant execption à la règle, il y en avait qui échappait à cette misère, entre autres mon meilleur ami Désiré, il kokait Françoise alors que moi c'est ma main droite qui me servait de femme ou alors j'étais contraint de faire des coups de pression sur une Fragile, lui mettant deux claques pour qu'elle soulève sa jupe et la koker vite fait dans la cage d'escalier ou d'attendre que les copains saoulent une grosse et la fassent tourner.

Putain ! Ce salopard niquait Françoise, c’était la plus belle fille de la cité, grande 1,70 m superbe métisse, non franchement rien à dire sinon belle, elle était belle tout bonnement, y té en zafawe !

Dans toute cette misère sexuelle où nous étions réduits, Il arrivait que les mecs de la bande, en manque, aillent se faire sucer la bite par un des pédés de la cité ou à quinze ans ils allaient aux putes. Je ne parle pas de tous ces garçons qui tachaient leurs pantalons tous les week-ends en dansant un zouk, plus exactement un Kompa dans les boum du voisinnage ou dans les discothèques pas regardantes sur la question de l'age.

Cela m'est arrivé une fois sur un disque haïtien, je me suis oublié sur une petite chabine au visage angélique, adorable, mignonne comme toute, j'ai joui sur sa jupe, j’ai taché sa jupe, disons que j’en ai fait une jupe sainte en l’auréolant de foutre. Il n’y avait rien à faire, j’ai eu beau essayé de reculer, faire des détours, des échappées, mais elle avançait la chatte, ajustait sa koukoune à la bite, reprenait la danse et la pose. C’est comme si elle voulait que je la prenne sur la piste de danse, elle collait sa chatte sur mon kal, elle me frottait, elle me le massait. Mon Dieu que c’était bon ! La fille me travaillait la bite, une vraie petite salope. J‘étais en sueur, je résista tant que je pus, mais au bout du quatrième kompa, elle sortit son arme secrète, elle me glissa sa langue dans l’oreille, j’explosais et éjacula tout le foutre que mes couilles contenaient et ce qui avait aussi en réserve.

Je m’attendais à ce qu’elle me fasse honte devant tout le monde, j’avais été témoin de pareilles scènes où la fille (vous connaissez les négresses, je ne vais pas vous faire un dessin) fasse tout un cinéma, s’énerve, ameute la salle, exhibant leur jupe tachée ou leur robe spermée à la face de l’assistance, juste pour vous humilier devant vos copains, mais la petite chabine me gratifia d'un sourire large comme ça, m’embrassa dans le cou, se colla encore plus fortement à moi et posa son visage au creux de mes épaules.

A ne rien y comprendre, mais c’était bon, diablement bon, la fille était bonne et gentille, je ne pouvais lui dire que MERCI et regretter que toutes les filles ne soient pas comme elle.

Le morceau se termina mais elle ne me lâchait pas. Elle continuait à salir sa jupe et moi mon pantalon. Finalement elle me laissa partir et je courus dans les toilettes me nettoyer.

Désagréable le sperme froid, collant… 

Quoi qu'il en soit, l'auréole sur la braguette, que dis-je l’énorme tache qui maculait mon pantalon  ne laissait aucun doute de ce qui s'était passé sur la piste de danse, il tirait juste le sourire des personnes plus âgées, ils pouvaient rire, ils avaient la koukoune dont qu’ils avaient besoin sous le kal. tjipp !

Tous les copains se montrèrent compréhensifs, car ils y en avaient qui mettaient des mouchoirs dans leur slip de manière à ne pas tacher leur pantalon, je n’avais pas leur expérience, c’était mon baptême du sperme-frotté, mais ils m’expliquèrent comment faire, c’est un art de bien placé les mouchoirs autour de la bite, sans entraver la bandaison et de manière à ce que le jet puisse…

Vous devez comprendre que c’était le seul moyen pour les timides de pouvoir contenter leur bite. Voilà ce à quoi nous étions réduits, nous les enfants de la génération Mitterrand : battre la douce, tourner la grosse, mettre des claques pour faire lever la jupe.

Comme c’était tellement bon, donc à quinze ans, je me suis débrouillé pour qu’une femme de 24 ans me ramasse et me donne mon koké régulièrement. La femme était jolie, une belle bata-zindienne, mais on la prenait tout le temps pour ma grande sœur, au bout de 6 mois cela devenait énervant d’entendre tout le temps la même chose : - C’est ta grande sœur ? 

A cet âge tout nouveau tout beau, on passait des heures à koker, elle avait loué un petit studio, juste un matelas par terre et on kokait, on passait des week-ends à forniquer, la semaine j’avais école.

Elle avait une chatte XXL, un peu trop large à mon goût, j’avais quinze ans. C'était peut-être une impression, car elle était encore partante, huit ans après, donc je devais faire l'affaire à ce moment là, je le suppose.

Tout allait bien, jusqu'au jour où elle m'annonça qu'elle était enceinte. Inutile de vous dire que je n'étais jamais là lorsqu'elle téléphonait et que j'oubliais systématiquement de la rappeler et que je perdis très rapidement le chemin de chez elle et de « notre » studio, la fille ne s’était pas rendue compte que j’étais un enfant ou quoi,  elle ne voyait pas qu'elle aurait pu être poursuivie pour détournement de mineur ?

Quand nous nous retrouvâmes, par hasard au détour de la vie, elle m'informa que j'étais le père d'un petit garçon, elle ne voulut pas que je le rencontrasse, à chaque fois que nous nous revîmes, elle me donnait de ses nouvelles.

Ce gamin existait-il pour de vrai ? Je n'en sais foutrement rien. Les femmes sont parfois méchantes, c'était ma punition pour n'avoir pas sut faire face (mais à quinze ans, franchement...) S’il existait, Je crois qu'elle l’a fait passer  comme étant celui de son fiancé de l’époque et mari par la suite.

Dans ces temps et dans ce petit milieu bourgeois, religieux, coincés les parents choisissaient le futur époux de leur fille, le meilleur parti qui se présentait à eux. Malheureusement, ils avaient trouvé un militaire qui n’était pratiquement jamais là, sauf une fois par mois et la jeune femme résistait à cette prépotence parentale en se dévoyant dans une relation pédophile, elle offrait sa koukoune gluante à un jeune braille.

Pour Désiré mon meilleur ami, des problèmes se posaient, quatre ans plus tard, sans doute lassé de sa copine Françoise, il me fit part de son intention de la quitter. Je trouvais  qu'il était un vrai couillon, mais je ne l'en dissuada pas, alors là pas du tout, pas fou le mec. Je lui demandais s'il voyait un inconvénient que je tentasse ma chance avec sa copine, il était d'accord.

A la belle affaire, cela faisait six ans que je rêvais de lui monter dessus et maintenant que j’avais dix-neuf ans, l’occasion se présentait. Je suis un homme patient et tenace.

Désiré retournait au pays. Une semaine plus tard, un dimanche, mes pas croisèrent ceux de Françoise, nous discutâmes, puis je l'invitais dans une discothèque (musique afro américaine, funk, jazz rock). Il valait mieux éviter les discothèques antillaises, à cause des  nègres à gros-coco, qui risquaient de me la prendre.

Le Star Rock, une boite de nuit connue des amateurs, les mecs passaient plus de temps à fumer leur joint et à converser avec maryjane plutôt que de s’occuper des filles,  ils étaient tous amorphes, pas de risque que je parte sans elle ou qu'elle change d'avis.

Le décor de la disco, une cave peu éclairée, peu de chose comme mobilier, en fait rien de mémorable, sinon que c’était SIDNEY à la sono et cela swinguait fort. Même si tu ne fumais pas il y avait tellement de fumée que tu sortais au petit matin défoncé. Nous passâmes la soirée à nous déhancher sur la piste. Du reggae, du jazz rock, pas un seul morceau antillais pour que je la serre contre moi, c'était le prix à payer. Le matin nous rentrâmes gentiment à la maison, mes parents dormaient encore, n'ayant qu’un lit dans ma chambre, je lui prêtais l’une des chemises de nuit de ma petite sœur, je choisis évidemment la plus courte. Nous nous endormirent dos à dos comme de bons amis, vers les seize heures, je me réveillai avec une grosse bandaison dans le bas ventre.

Elle est là, je me retourne, j'écarte sa culotte et je prolonge ma bandaison dans sa chatte, comme cela, sans cérémonie, naturellement, sa chatte était trempée, un lac, son vagin mouillé de mouillé. Elle ne dormait pas, elle attendait que le Timide passe à l’action, la mouille abondante m’indiquait qu’elle avait dû bien fantasmer avant que je ne l’enfourne. Donc le timide est passé à l’action et la koker tout bonnement, la koker roidement, la koker fièrement…

La seule remarque qu'elle me fit, ce fut à la fin du malélivé :
- Evariste tu as oublié de faire quelque chose !
- Ah bon quoi ?
-Tu ne m'as pas embrassé.

Les femmes sont sentimentales !

Donc je l'ai embrassée et nous avons commencé à faire une "confiture crachat " dont l'effet ne se fit pas attendre, le kal se redressa et nous voila repartis pour une autre séance de kokage.

Un mois plus tard Désiré revint, l'air du pays ne devait pas lui convenir. Décidément, un certain désarroi s'empara de mon cœur. Je me résolus à ce qu'elle retourne avec son copain. Merde !

Ce garçon était tellement plus, avait plus de prestance que moi, en fait c’était monsieur plus. Je ne voyais pas comment une fille m’aurait préféré à lui. Il vint à la maison, me disant qu'est-ce j'avais fait, pourquoi je sortais avec sa copine, j'étais un faux frère, un traître, un faux cul, j’étais une vermine, il ne pensait pas que j'aurais fait cela, il me débita un tas de conneries, en lo pawol initile. Je lui rappelais que nous en avions parlé et qu'il ne voyait pas d’objections et qu'il m'avait donné son approbation, dont je n’étais pas inconvié au kokage de Françoise, ni un faux frère, ni un faux cul et encore moins une vermine, alors va te faire foutre ! 

Voilà que subitement Françoise était la femme de sa vie, qu'il l'aimait et qu'il avait  fait le con, il pleurait comme un enfant. Il me sortait un tas d'inepties, il avait un gros poil, un limbé. Putain, je finis par lui dire : si tu l'aimes à ce point  reprends-la !  Parce que je lui aurais défoncé la tête, le mec vient m’insulter chez moi et ce connard va me prendre ma Françoise.

Merde ! Son père aurait dû faire une tache dans le lit au lieu de mettre cette  tâche au monde !

Je n’ai rien dit de cette histoire à ma future ex copine.  Je sus qu'ils s'étaient vus, mais le soir elle était dans mon lit. Après tout le temps qu'ils avaient passé ensemble, je suppose que pendant cette période de transition, ils durent baiser une fois ou deux, une baise de nostalgie, mais ce que l'oreille n'entend pas, ce que les yeux ne voient pas ne fait pas mal au cœur.

Une fois par contre, deux ans après je lui fis ma crise de jalousie, nous étions dans un centre commercial, et nous rencontrâmes Désiré, je lui tendis la main, et Françoise lui tendit ses lèvres. Que n'avait-elle pas fait là, elle se moquait ouvertement de moi ou quoi ? Je fis bonne contenance tant que Désiré était avec nous, dès qu'il tourna le dos :

-
C'est quoi ça, c'est quoi ce bordel, tu l'embrasses devant moi ?
-    Arrête, tu ne vas pas me prendre la tête parce que je lui aie fait un "pio" ?

-    Tu me dérespectes devant tout le monde et tu me dis de ne pas te prendre la tête, tu te fous de ma gueule !

-    Evariste qu'est ce qui t'arrive, tu me fais une crise de jalousie ou quoi ? Je te rappelle que j'étais dans son lit de treize ans à dix-neuf ans, et ce n'est pas qu'un "pio" que je lui faisais.

La salope ! Elle me calma net. J’affichai mon visage des mauvais jours et me tus. Elle arborait un sourire qui lui barrait la moitié du visage et ajouta : - N'aie pas peur c'est avec toi que je suis ! Puis se colla plus fortement à moi.

Qu'est-ce qu'elle me chantait là ? Vous voyez un mâle bougre comme moi, un coq en passe de devenir en méchant mal coq avoir peur de quelque chose ?

Toutefois, lorsque inopportunément Désiré croisait mes pas, en compagnie de Françoise, je halais ma copine par le bras, je lui faisais un grand signe de la main de loin, le plus loin possible et je bifurquais de chemin ou je changeais de trottoir avec Françoise sous le bras, cela la faisait toujours rire, inutile de vous dire que je ne riais pas. Mais les femmes sont tellement bizarres !

Evariste Zephyrin

01/10/205
par zephyrin publié dans : negmawon
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Dimanche 9 octobre 2005

COUCHE DANS LE NOIR

Sillonnant l’espace infini des mes rêves, un souvenir enfoui dans ma mémoire cellulaire resurgit et du tréfonds de mon être, je vivais l’hallucination sanie. Je me retrouvais dans mon île dans un temps où les choses n’étaient pas comme maintenant et pourtant pas très différente d’aujourd’hui.

ALORS

Je promenais mon songe par la main sous un soleil caniculaire d’un mois indéfini. Je baladais le rêve vagabond dans les dédales de ruelles encombrées de cris, d’une populace vivant pour la misère et l’argent, pour l’amour et l’argent. Je poursuivais mes pérégrinations, taraudant  l’itinéraire de mon illusion à travers les sentiers inexplorés d’un temps dément.

TANT ET TANT FIT QUE

Je longeais la mer, je longeais le morne, je longeais la savane  et je voyais des gens tapis derrière leur porte qui guettaient leurs angoisses, s’émargeant de la liesse, refusant de faire danser leur âme.

Je déambulais dans la désunion, je déambulais dans le désordre, je déambulais dans la confusion et je voyais des gens assis  qui attendaient  la transe, des êtres sans racine, divaguant au-delà du vivant.

Je cheminais dans la ville, je cheminais dans le bourg, je cheminais dans la campagne et je voyais des gens qui transpiraient à grosse gouttes leurs appréhensions, remâchant sans cesse leur désillusion  et dans leurs yeux, une détresse.


Je poursuivais l’errance dans ce temps suranné qui suturait hier à aujourd’hui, le souvenir sans la reconnaissance et le crime sans coupable. Je  continuais ma divagation dans ce temps éhonté qui alitait mon présent, le souvenir avait la reconnaissance mais le crime restait sans coupable.   


TEL UN VOLAN SOUKOUGNAN JE MATAIS,  ET

Derrière les balcons ouvragés une vie se déroulait à l’abri des indiscrétions. Je ne voyais rien, mais j’apercevais des ombres rasantes, passant et venant, protégeant leur intimité de persiennes ou de rideaux, d’une vie, qu’ils se croyaient envier. Cela n’arrêtait pas ma révélation. Je suis dans mon rêve, rien ne peut m’altérer, ma volonté est Dieu, les maux sont passés et les ennuis sont défunts. Alors je m’enfonçais dans le secret de la nuit d’hier, je m’élevais au-dessus de ma vision, je parcourais leurs familiarités et je vis dans le secret des cases des poitrines opulentes qui se dressent,
pointent,
dardent,
bandent,
Prêtent à subir la caresse d’une langue.

Et je vis  aussi dans le secret des cases des croupes fessues qui acceptent,
appellent,  
refusent,
supplient,
Et se repentent aux premiers assauts de la bête.


MALGRE LES MALGRE

Je m’échappais à regret de la nuit d’hier, laissant la vie à ses privautés, pour me retrouver dans un autre rêve, reprendre le chemin d’aujourd’hui, remonter vers la rade, regarder des gens attablés aux commissures d’un bar malfamé, s’assommant à coup de verres de rhum et  de bière bu, à même le goulot – qui à chaque gorgée avalée, déglutissaient le haïssable de leur vie cotie. Dans l’arrière-cour, quelques uns déversait une agressivité mal contenue, fessant « bliguidim » des dominos sur une table déjà passablement bancale. Dans une arrière salle, un homme courtisait une serveuse au corps d’ébène, lui demandant : - C’est combien ?
La femme à la coucoune accueillante répondait : - C’est pas cher !
- C’est pas cher, c’est combien d’argent ? Rétorquait le monsieur.

Je les laissais poursuivre leur transaction et je promenais mon excursion dans les circonvolutions du probablement possible, pas tout à fait vraies. Je remontais le morne m’immisçant dans la conversation de deux femmes ménopausées en mal de commérages : - Tu ne te rends pas compte, un jeune garçon qui viole que des vieilles    personnes.
-    Il doit être malade, pour ne pas dire plus, la dernière femme qu’il a violé est une de mes voisines, elle a au moins soixante-dix ans. Tu sais ce qu’il lui a fait ?
-    Non je ne sais pas. Répondait l’une des commères.
-    Tu ne sais pas ! Eh bien je vais te le dire ! Renchérissait la seconde. Il a mis son lolo dans sa bouche. Tu te rends pas compte que la malheureuse a failli tomber enceinte par l’estomac.


DONNE LE LUI, DONNE LE LUI MÊME

Décidément toutes la vie se rapporte à l’amour et à l’argent, à la misère et à l’argent. Je me détourne du soleil, me retrouvant à mon tour pris dans l’engrenage, et dans la moiteur rassurante de la nuit, émerge une pièce irréelle. Je vis un fantasme. Une femme sensuelle qui n’est pas toi, se trouve à quatre pattes derrière moi, elle est maintenue dans cette position par deux personnes qui lui tiennent les bras. D’une main, je lui écarte les pommes de ses fesses, pendant que je lui enfonce mon sexe dans sa fente béante, tandis que de l’autre main, je lui titille le mamelon gonflé de son sein - Horreur-  je me fais violeur. Empressé par la situation, j’éjacule. Un vent d’angoisse me submerge, je me réveille en sursaut de mon rêve, constant que mon slip est trempé. Cela assombrit ma journée et énerve passablement mon ego.

A l’amarre du rêve et de la réalité, ma vie se confine à une épissure, mon rêve est ma réalité et mon imagination alimente mon rêve.

Evariste Zephyrin
(1995-2004)

 

 

source

 

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Dimanche 9 octobre 2005

Parole

Comme le silence
D'un cris dans l'obscur
D'un trait insolite
Je créerai ma parole

J'asservirai le temps
J'abolirai les frontières du passé
Comme le silence d'un rire asservi
je revisiterai les recoins de l'histoire

Ma parole prolongera ma spiritualité
Mes mots accompliront les gestes égarés,

 

 

Porteront témoignage des actes   détournés

du langage oublié du verbe sacré.

Evariste Zéphyrin

 

http://www.pyepimanla.com

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Dimanche 9 octobre 2005

J’ai enrichi les siècles

 "Chassé par mes frères
J'ai banni leur mémoire
J'ai payé en brutalité
Un lourd tribut au sang."

 

 

J'ai dépéri pendant trois siècles et cinq lustres dans une calebasse remplie d'immondices. Rien ne m'a été épargné, ni la vente à l'encan ni le baisé du fouet ni la caresse du ravet. Je n'étais pas en vie, je n'étais qu'une souffrance béante au sein d'une lumière prometteuse. Rien ne m'a été épargné sur cette terre d'abjection, ni l'humiliation ni l'avilissement ni la vexation. Mon jour était fait d'ignominies, mes nuits d'infamies, mon lot, brimades et rebuffades. J'ai sué sous le soleil des îles, j'ai plié sous la charge de la canne,  j'ai couru  après la faim et enrichi les siècles.

J'ai fait tout cela et bien plus encore
J'ai supporté tout cela et bien plus encore
J'ai été la lie de la terre, un être sans lumière
J'ai marché dans les ténèbres tel Lucifer banni de la sphère.


Je me suis battu contre la résignation
Je me suis défendu contre l'exécution
Je me suis levé contre l'abomination
Je me suis fait complice de mon incarcération.

Je n'étais pas en terre de tolérance, j'étais en pays de collusion
Rien n'était pareil ailleurs, car d'un état de pourriture, ils s'en faisaient une âme de grandeur. Sur cette terre mortifère pour échapper à la folie, j'ai bâti un être complexe, j'ai construit un homme nouveau.

Ils me crurent naïf, ils se  sont trompés
Ils me pensèrent docile, ils se sont fourvoyés
Ils m'imaginèrent futile, ils se sont égarés
De leur vision de moi, rien ne s'est avéré.

Les marées ont refluées, l'histoire battue en brèche se dépassait. Le temps s'arrêtait pour me laisser passer.  Alors je retournai au Pays des Anciens, nul ne me reconnut, je fus  apatride sur une terre qui jadis fut mienne. Alors je compris que l'enfant n'est pas son père, que l'enfant n'est pas sa mère.

Je revins sur ma terre de souffrance, bâtir un univers de tolérance. Mais dans ce pays neuf, trop d'hommes dépassés promènent leur silhouette anodine sous un soleil où on prend goût à la lenteur et où le temps s'étire à dormir.

Je vis dans  ces embruns, des hommes jeunes cachant derrière un sourire affable des dents carnassières. Je vis dans le chemin des Hommes surannés ayant fait leur temps s'attarder trop longtemps sur le parvis de la cathédrale. Alors je leur dis : bousculez  vos préjugés pour que j'avance, j'ai une terre de fraternité à édifier et un enfant à faire ce Mardi-gras."

Evariste Zéphyrin (1995)

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