Dimanche 9 octobre 2005

Ayant fréquenté des femmes des quatre continents, je peux vous assurer qu'avec chacune d'entre elle, ce fut magnifique et différent. Les séparations se font suite à de nombreuses raisons, parfois pas toujours sérieuses ou réfléchies,  peu importe !   Mais pour les Antillaises (nationalisme oblige)  avec qui j'ai fait ma vie, j'ai remarqué que ces femmes ont la fâcheuse manie de vous insulter et avec elles  les "bunda mamman" fusent comme   pluie un jour d’averse. Elles prennent la mouche sans que l'on sache pourquoi, et il n'est pas rare qu'elles veulent se battre avec vous.

 Nos femmes ont une haute opinion de leur conjoint, à leurs yeux ce sont des supermen, en plus,  bien souvent elles pensent qu'ils sont télépathes. Elles ne disent rien, ne parlent pas, ni de ce qui les dérangent ou les chagrinent, mais vous devez comprendre et régler le problème, sans compter que par moment elles se mettent à vous haïr sans que vous sachiez pourquoi, sans aucune raison valable.

 Si je dressais une typologie de nos femmes, je dirai :

- Les chabines, elles sont impossibles à vivre en dehors du lit. Lorsqu'elles ne sont pas dans le lit c'est tout comme, elles ont une manière de se coller à vous, les phéromones et autres endorphines qu'elles dégagent vous perturbent, vous titillent, vous agressent, et quand vous les regardez le seul endroit où vous voudriez les mettre c'est dans votre lit.  En conclusion elles sont faites pour le lit.

 - Les batazindiennes, sé goumain tous les jous, bouche yo longue kon sa, méfiantes, suspicieuses, conflictuelles impossible à vivre en couple, franchement elles sont pénibles.

 - Les Négresses du Lamentin généralement douce à vivre, mais volage, même quand elles vous quittent, elles n'hésitent pas à revenir de temps à autres vous visiter. Difficile de se fâcher avec ce genre de femmes. Mais elles sont volages.

 - Les bougresses du Gros Morne, belles, avec des peaux d'une douceur, leur corps c'est du velours, mais elles ont  un caractère trop ferme, trop trempé, bref ce sont des agricultrices.

 - Les capresses, mamman, n’en parlons même pas !  Ce sont   des cornes qu'elles plantent sur votre tête, ce n'est pas de leur faute, les gens de leur espèce dans le passé étaient préposés à la garde du bétail, alors les boeufs,  les moutons et les cornes, elles l'ont dans le sang, alors en vous plantant des cornes, elles ont inconsciemment le sentiment de se réconcilier avec leur histoire.

 - Les Kalazazas  sont dépressives, à la moindre petite tromperie, elles se mettent à pleurer comme Marie-Madeleine pendant le Calvaire du Christ. Après que vous eussiez parlementé, consolé, cajolé, repenti, promis de ne plus jamais recommencer, pleuré de concert avec elles,  jurer que  c'est une erreur regrettable, que ce n'est pas de votre faute mais celle de sa meilleure amie qui vous a émoustillé. Vous vous couchez pensant que la situation est arrangée, partez travailler le coeur léger, mais un peu chagrin, pour vous faire pardonner  vous  avez la gentillesse de lui acheter un beau bouquet de fleurs et vous rentrez le soir chez vous plus de femme, plus de meubles, plus rien. Je vous le dit les Kalazazas sont non seulement des femmes  dépressives, mais en plus elles sont instables.

Après que j’eusse essayé toutes ces variétés de femmes locales, je me  suis  coltiné avec une métisse, mon dieu l'enfer !  Que  n’avais-je pas fait !

Un jour, elle  m'a cassé le nez, pété l'arcade sourcilière.  J'ai pris des coups comme cela ne mettait jamais arrivé de ma vie (ma métisse était une karatéka et danée en plus). Même mon papa ne m’avait jamais battu comme cela, même après que j’eus crevé les quatre pneus de sa voiture. Isalop là,  paix à son âme !



C'est l'orgueil qui me sauva ce jours là. Je vous le dis, c’est l’orgueil qui m’a tiré de ce mauvais pas.

J'ai pris des coups de poing, des mawachis, des atémis, des coups de genou, des coups de pieds, des crochets du droit, des crochets du gauche, je voyais des étoiles dans ma tête et la terre dansait sous mes pieds. J’étais sur le point de m’évanouir quand  elle s'est rapprochée de moi   et j'ai  pu  la saisir et je l'ai soulevé de tout son  haut et projeté contre l'armoire,  qui s’est effondrée sur elle dans un fracas.  Alors que  je m'apprêtais à revenir à la charge, la fille me regarde et me dit :  - Chéri pourquoi tu me frappes ?  Et  elle se met à pleurer.   Cela vous stoppe net, mais c'est moi avait la bouche  pétée, le nez cassé, une oreille qui sur le coup n'entendait plus rien, je tenais  à peine debout, titubant sur mes pieds,  le visage ensanglanté, la lèvre tuméfiée et devant me rendre au médecin me faire recoudre tout cela. Je me voyais dire au docteur  que je me suis fait agressé par des inconnus, décemment, je ne pouvais pas lui avouer ce que c'était ma concubine qui m'avait mis dans cet état ! Néanmoins,  il fallait qu’il m’arrête car que j’avais mal de partout.



Et la fille  à le toupet de dire que je l'ai frappé ! Si j'étais sûr qu'elle n'allait pas répliquer, je lui aurais mis deux calottes pour ce qu'elle venait de dire.

Une chambre à coucher ravagée, plus d'armoire, plus de lit, je l'avais cassé lorsqu'elle m'avait fait valdinguer dessus, plus rien ne tenait debout dans la pièce.  Tout cela parce que j'avais dit à ma chérie une parole qu'elle avait prise de travers, en tout cas le lendemain, je m'inscrivais dans un club de Tai kwon do, au Champs Élysée, j’ai choisi le plus cher avec le Maître le plus dané en France.

 Les coups font trop mal.

Bon, tout cela c’est le passé, mais je me demande si je vais pas me trouver une petite blonde aux yeux bleue pour finir mes vieux jours, parce que les personnes de ma race, je ne veux pas en dire du mal, mais des fois elles abusent tout bonnement ;  toujours à interpréter ce que vous dites, à voir des complots partout, vous trouvant une maîtresse que vous n’avez pas, mais que auriez bien aimé avoir, vous accusant d'être un menteur, un fieffé connard et puis les bunda-mamman, les va te faire foutre, les tu es un sale con, petit prétentieux, grand con... abrégeons !

Evariste zephyrin
Paris le 23/008/05

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Dimanche 9 octobre 2005

La nuit a été particulière, parsemée de rêves où l’inconscient, le subconscient et le conscient dialoguèrent. Les rêves furent comme une mise au point, un lessivage  des scories du passée, une rencontre avec moi-même, d’où émergèrent par à coups de nouvelles idées, de nouvelles perspectives, un apaisement des conflits intérieurs, une réconciliation avec les altérités et les identités de moi-même. Il n’eut aucune résolution de prise, mais un grand rangement intense et transformateur.

Le réveil fut lumineux, ébloui par une blancheur inaccoutumée,   la pelouse, les arbres, la forêt  sont couverts d'un manteaux neigeux, un léger vent fait faseyer le tronc des peupliers, sans pour autant les déshabiller de leur parure blanchâtre, de ma fenêtre j’aperçois le vol  des corbeaux qui passent et repassent, il neige à gros flocons. Tout cela est beau, ces images font que le monde est beau et la vie féérique par moments.

 Evariste  Zephyirin (02/2005)

 

 

 

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Dimanche 9 octobre 2005

COUCHE DANS LE NOIR

Sillonnant l’espace infini des mes rêves, un souvenir enfoui dans ma mémoire cellulaire resurgit et du tréfonds de mon être, je vivais l’hallucination sanie. Je me retrouvais dans mon île dans un temps où les choses n’étaient pas comme maintenant et pourtant pas très différente d’aujourd’hui.

ALORS

Je promenais mon songe par la main sous un soleil caniculaire d’un mois indéfini. Je baladais le rêve vagabond dans les dédales de ruelles encombrées de cris, d’une populace vivant pour la misère et l’argent, pour l’amour et l’argent. Je poursuivais mes pérégrinations, taraudant  l’itinéraire de mon illusion à travers les sentiers inexplorés d’un temps dément.

TANT ET TANT FIT QUE

Je longeais la mer, je longeais le morne, je longeais la savane  et je voyais des gens tapis derrière leur porte qui guettaient leurs angoisses, s’émargeant de la liesse, refusant de faire danser leur âme.

Je déambulais dans la désunion, je déambulais dans le désordre, je déambulais dans la confusion et je voyais des gens assis  qui attendaient  la transe, des êtres sans racine, divaguant au-delà du vivant.

Je cheminais dans la ville, je cheminais dans le bourg, je cheminais dans la campagne et je voyais des gens qui transpiraient à grosse gouttes leurs appréhensions, remâchant sans cesse leur désillusion  et dans leurs yeux, une détresse.


Je poursuivais l’errance dans ce temps suranné qui suturait hier à aujourd’hui, le souvenir sans la reconnaissance et le crime sans coupable. Je  continuais ma divagation dans ce temps éhonté qui alitait mon présent, le souvenir avait la reconnaissance mais le crime restait sans coupable.   


TEL UN VOLAN SOUKOUGNAN JE MATAIS,  ET

Derrière les balcons ouvragés une vie se déroulait à l’abri des indiscrétions. Je ne voyais rien, mais j’apercevais des ombres rasantes, passant et venant, protégeant leur intimité de persiennes ou de rideaux, d’une vie, qu’ils se croyaient envier. Cela n’arrêtait pas ma révélation. Je suis dans mon rêve, rien ne peut m’altérer, ma volonté est Dieu, les maux sont passés et les ennuis sont défunts. Alors je m’enfonçais dans le secret de la nuit d’hier, je m’élevais au-dessus de ma vision, je parcourais leurs familiarités et je vis dans le secret des cases des poitrines opulentes qui se dressent,
pointent,
dardent,
bandent,
Prêtent à subir la caresse d’une langue.

Et je vis  aussi dans le secret des cases des croupes fessues qui acceptent,
appellent,  
refusent,
supplient,
Et se repentent aux premiers assauts de la bête.


MALGRE LES MALGRE

Je m’échappais à regret de la nuit d’hier, laissant la vie à ses privautés, pour me retrouver dans un autre rêve, reprendre le chemin d’aujourd’hui, remonter vers la rade, regarder des gens attablés aux commissures d’un bar malfamé, s’assommant à coup de verres de rhum et  de bière bu, à même le goulot – qui à chaque gorgée avalée, déglutissaient le haïssable de leur vie cotie. Dans l’arrière-cour, quelques uns déversait une agressivité mal contenue, fessant « bliguidim » des dominos sur une table déjà passablement bancale. Dans une arrière salle, un homme courtisait une serveuse au corps d’ébène, lui demandant : - C’est combien ?
La femme à la coucoune accueillante répondait : - C’est pas cher !
- C’est pas cher, c’est combien d’argent ? Rétorquait le monsieur.

Je les laissais poursuivre leur transaction et je promenais mon excursion dans les circonvolutions du probablement possible, pas tout à fait vraies. Je remontais le morne m’immisçant dans la conversation de deux femmes ménopausées en mal de commérages : - Tu ne te rends pas compte, un jeune garçon qui viole que des vieilles    personnes.
-    Il doit être malade, pour ne pas dire plus, la dernière femme qu’il a violé est une de mes voisines, elle a au moins soixante-dix ans. Tu sais ce qu’il lui a fait ?
-    Non je ne sais pas. Répondait l’une des commères.
-    Tu ne sais pas ! Eh bien je vais te le dire ! Renchérissait la seconde. Il a mis son lolo dans sa bouche. Tu te rends pas compte que la malheureuse a failli tomber enceinte par l’estomac.


DONNE LE LUI, DONNE LE LUI MÊME

Décidément toutes la vie se rapporte à l’amour et à l’argent, à la misère et à l’argent. Je me détourne du soleil, me retrouvant à mon tour pris dans l’engrenage, et dans la moiteur rassurante de la nuit, émerge une pièce irréelle. Je vis un fantasme. Une femme sensuelle qui n’est pas toi, se trouve à quatre pattes derrière moi, elle est maintenue dans cette position par deux personnes qui lui tiennent les bras. D’une main, je lui écarte les pommes de ses fesses, pendant que je lui enfonce mon sexe dans sa fente béante, tandis que de l’autre main, je lui titille le mamelon gonflé de son sein - Horreur-  je me fais violeur. Empressé par la situation, j’éjacule. Un vent d’angoisse me submerge, je me réveille en sursaut de mon rêve, constant que mon slip est trempé. Cela assombrit ma journée et énerve passablement mon ego.

A l’amarre du rêve et de la réalité, ma vie se confine à une épissure, mon rêve est ma réalité et mon imagination alimente mon rêve.

Evariste Zephyrin
(1995-2004)

 

 

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Dimanche 9 octobre 2005

Parole

Comme le silence
D'un cris dans l'obscur
D'un trait insolite
Je créerai ma parole

J'asservirai le temps
J'abolirai les frontières du passé
Comme le silence d'un rire asservi
je revisiterai les recoins de l'histoire

Ma parole prolongera ma spiritualité
Mes mots accompliront les gestes égarés,

 

 

Porteront témoignage des actes   détournés

du langage oublié du verbe sacré.

Evariste Zéphyrin

 

http://www.pyepimanla.com

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Dimanche 9 octobre 2005

J’ai enrichi les siècles

 "Chassé par mes frères
J'ai banni leur mémoire
J'ai payé en brutalité
Un lourd tribut au sang."

 

 

J'ai dépéri pendant trois siècles et cinq lustres dans une calebasse remplie d'immondices. Rien ne m'a été épargné, ni la vente à l'encan ni le baisé du fouet ni la caresse du ravet. Je n'étais pas en vie, je n'étais qu'une souffrance béante au sein d'une lumière prometteuse. Rien ne m'a été épargné sur cette terre d'abjection, ni l'humiliation ni l'avilissement ni la vexation. Mon jour était fait d'ignominies, mes nuits d'infamies, mon lot, brimades et rebuffades. J'ai sué sous le soleil des îles, j'ai plié sous la charge de la canne,  j'ai couru  après la faim et enrichi les siècles.

J'ai fait tout cela et bien plus encore
J'ai supporté tout cela et bien plus encore
J'ai été la lie de la terre, un être sans lumière
J'ai marché dans les ténèbres tel Lucifer banni de la sphère.


Je me suis battu contre la résignation
Je me suis défendu contre l'exécution
Je me suis levé contre l'abomination
Je me suis fait complice de mon incarcération.

Je n'étais pas en terre de tolérance, j'étais en pays de collusion
Rien n'était pareil ailleurs, car d'un état de pourriture, ils s'en faisaient une âme de grandeur. Sur cette terre mortifère pour échapper à la folie, j'ai bâti un être complexe, j'ai construit un homme nouveau.

Ils me crurent naïf, ils se  sont trompés
Ils me pensèrent docile, ils se sont fourvoyés
Ils m'imaginèrent futile, ils se sont égarés
De leur vision de moi, rien ne s'est avéré.

Les marées ont refluées, l'histoire battue en brèche se dépassait. Le temps s'arrêtait pour me laisser passer.  Alors je retournai au Pays des Anciens, nul ne me reconnut, je fus  apatride sur une terre qui jadis fut mienne. Alors je compris que l'enfant n'est pas son père, que l'enfant n'est pas sa mère.

Je revins sur ma terre de souffrance, bâtir un univers de tolérance. Mais dans ce pays neuf, trop d'hommes dépassés promènent leur silhouette anodine sous un soleil où on prend goût à la lenteur et où le temps s'étire à dormir.

Je vis dans  ces embruns, des hommes jeunes cachant derrière un sourire affable des dents carnassières. Je vis dans le chemin des Hommes surannés ayant fait leur temps s'attarder trop longtemps sur le parvis de la cathédrale. Alors je leur dis : bousculez  vos préjugés pour que j'avance, j'ai une terre de fraternité à édifier et un enfant à faire ce Mardi-gras."

Evariste Zéphyrin (1995)

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