Puis après …

Publié le par Gaëlle Linfide

Le jour se leva sur les débris de la veille, offrant le triste spectacle de maisons dévastées, de voitures éparpillés, de poteaux électriques et d’arbres déracinés, de feuilles de tôle parsemant à tout-va les rues défoncées et désertées. Et de la boue, de la boue en masse, de la boue en crasse, visqueuse, pâteuse, envahissante, s'infiltrait, obstruant ainsi les allées et les artères et freinait tous les déplacements en les réduisant à un parcours du combattant.

Seule et impuissante, je regardais ce paysage ravagé, qui fut malmené par des rafales de vent acharnées et des eaux déchaînées. Mes yeux s'ouvraient à grand-peine sur la réalité, ils achevaient mes pensées heureuses, je me remémorais les journées ensoleillées de ma petite rue tranquille, excédée par les chamailleries des gamins, égayée par les rires des enfant et exaspérée par les cris des tout-petits.

Et en ce jour, des larmes, des pleurs, des sanglots, des visages contrits de femmes effondrées, d’hommes assommés, des regards affligés qui promènent leurs yeux atones sur leurs objets chéris submergés par les flots ou noyés par la boue. Partout des débris, des valises, des habits, flottent dans des eaux terreuses et nauséabondes. Toute une vie d’accumulations et d’efforts anéantis en une nuit, les reliquats de vie gisent çà et là, disloqués, démantibulés, brisés, tel un jeu de construction qu'un vilain garnement aurait renversé par pure méchanceté.

Nul regard ne s’ébaudissait dans les parages et brusquement une douleur sourde me saisit la poitrine, des larmes vinrent brouiller ma vue. Je réalisais, comme beaucoup, que j’avais tout perdu, tout est à refaire, tout est à recommencer.

Le soleil brillait, ses rayons éclairaient le jour, l’alizé soufflait un vent frais sur nos lieux sinistrés et sur nos corps abattus, mais la vie redémarrait doucement et nous repartirons de plus belle, avec plus d’allant et nous irons de l’avant….

Gaëlle Linfide

Publié dans negmawon

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