Un regard sur la ville de Fort de France

Publié le par Emmanuelle Deschè

Située au centre ouest de l’île de la Martinique, sur le littoral caraïbe, dénommé « la côte sous le vent », la ville de Fort-de- France se localise dans une zone contact entre deux milieux naturels différents (le nord montagneux et la plaine agricole du Lamentin).

Dès 1681, la ville avait pour nom Fort Royal et avait été désignée comme le chef lieu de l’île. Sa vocation se cantonnait à un rôle administratif et militaire, tandis que sa rivale, la ville de Saint-Pierre, jouissait d’un rayonnement culturel et commercial indiscutable. Mais l’éruption de la montagne Pelée en 1902 changea la donne, Saint-Pierre étant réduite en cendres et Fort-de-France devint la seule grande ville de la Martinique.

Fort-de-France est aujourd’hui une commune relativement étendue, dont la topographie en forme de cuvette ouverte sur le front de mer (la plus grande baie de l’île) est entourée de quartiers situés sur les parties hautes comme ceux de Balata, Didier ou Cluny, et ceux situés dans la partie basse tels que Texaco, Volga plage.

Actuellement, les projets urbains font que la ville modifie progressivement son apparence. Les changements en cours sont indiqués par une série de travaux publics, des chantiers ambitieux d’aménagement urbain ont été lancés par la nouvelle municipalité.

D’un point de vue pratique, cela a pour conséquence, de créer une circulation automobile en centre-ville, qui ressemble plus à un gymkhana, en raison de certaines rues totalement ou partiellement fermées, au trafic des voitures. L’autre élément révélateur de la mutation de la ville est la construction effrénée d’immeubles d’habitat de 4 étages, et de tours comme ceux déjà construits à la Pointe Simon, qui s’intègreront par la suite au projet de création d’un centre d’affaires d’ici 2012.

Dans la ville, comme dans le reste de la Martinique paradoxalement les immeubles poussent comme des champignons. En effet, à l’heure où dans le monde occidental dans de nombreuses agglomérations, bon nombre de ces ensembles immobiliers sont pointés du doigt, comme étant des échecs de cohabitation sociale et où la majorité des politiques urbaines actuelles tendent à limiter, voire à supprimer ces constructions, la ville de Fort-de-France semble prendre une orientation diamétralement opposée.

En y regardant de plus près, on peut affirmer que le reste de l’île, est à l’image de sa capitale. De surcroît, les espaces de verdure se rétrécissent, à cause d’un bétonnage systématique.

La conséquence de ce parti pris urbanistique, a tendance à tirer les prix locatifs vers le haut. En effet, le prix au m2 est quasiment identique à celui pratiqué en région parisienne, d’où une inflation des prix immobiliers. Par ailleurs, on voit progressivement une exclusion de la population martiniquaise de la location ou à l’accès à la propriété, car leurs moyens financiers, ne leur permettent pas de se loger à de tels coûts. Ce qui influe pour l’heure, qu’une bonne partie de ces logements sont vides, alors que la pression démographique sur l’île, reste forte et ou ces logements sont occupés par des populations d’origine européenne.

Toutefois, il y a dans la métamorphose de la ville des aspects positifs :
-Tout d’abord, le réaménagement de la gare routière de la Pointe Simon qui offre aux voyageurs une meilleure visibilité dans la disposition de leurs transports collectifs.
- Puis, nous avons ce projet ambitieux qui est l’aménagement de la promenade du front de mer : «le malecon »
Ce terme hispanique désigne les boulevards de front de mer, on en trouve un peu partout dans la Caraïbe hispanique et en Amérique Latine.

La partie réalisée de ce projet propose un cadre agréable à ce malecon, offrant de nombreuses possibilités d’activités de loisirs, tels que des concerts, des spectacles en plein air ou encore, un lieu approprié aux rassemblements des carnavaliers, lors des jours gras.

Ces aménagements ont un impact direct sur les activités nautiques, à savoir, l’amélioration des capacités de mouillage pour les plaisanciers, ainsi que de meilleures possibilités d’accostage, pour les plus gros navires. La plage de la Française a été assainie et rendue conforme à la baignade.

A terme en 2012, le malecon fera partie intégrante du vaste ensemble maritime foyalais : le Grand Caraïbe et qui s’étendra de la rive droite jusqu'à la Pointe des Nègres. On verra coté terre, la ligne du futur tramways allant vers Schoelcher, et une voie de circulation automobile à double sens. Coté mer il y aura une piste cyclable, une promenade, des espaces sportifs et un grand centre nautique.

Ce projet d’urbanisme met en perspective, les ambitions de la politique économique de la municipalité actuelle, qui manifeste le souhait d’ouvrir ou d’insérer la ville de Fort de France dans son espace géographique naturel, à savoir la Caraïbe, et par conséquent faire en sorte que la Martinique soit moins dépendante de l’Europe et à fortiori de la France.

Emmanuelle Deschè

Publié dans negmawon

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deboya 07/01/2008 20:32

Tres interressant !  merci beaucoup !!!